12/05/2010

ATELIER D'ÉCRITURE 006


Cela fait un petit moment que je ne suis pas venue alimenter mon blog, et ces derniers temps la plume me tombait sans cesse des mains. Pourtant je suis quand-même allée à mon atelier d'écriture lundi, et il a bien fallu que j'écrive quelque chose. En voici le compte-rendu (je vous épargne le texte que nous devions écrire à la maison : il est bâclé, peu inspiré, pas fini, bref, je ne l'aime pas, il passe à la trappe) :


Consigne : goûter un radis, improviser…

La fraîcheur. Voilà ce qu’elle m’évoque en premier, cette racine. Elle est la crudité des crudités. Celle qui fait le plus beau son quand on la croque : le son le plus clair, le plus éclatant. À côté la biscotte fait un bruit farineux. Non, le radis, lui craque d’un son cristallin, pur, frais, pétillant. Il donne envie de le mâcher, de renouveler cette expérience si agréable. Il se rompt sous la dent et laisse échapper ce petit tonnerre si caractéristique, et notre mâchoire entière est toute rafraîchie par ce contact vivifiant. On mâche encore et l’on savoure le mélange étrange de jus et de racine dont le goût singulier reste encore un instant indéfinissable. Puis l’on commence à sentir une saveur fruitée légèrement amère et lorsqu’on a presque fini de mâcher sa bouchée, arrive le piquant, l’arrière-goût puissant qui est peut-être la caractéristique la plus évocatrice du radis. Sa substantifique moelle.



Consigne : goûter une amande, improviser…

Quand j’étais petite il y a deux choses que j’aimais par dessus tout : le chocolat et les amandes. Le chocolat me causait bien du tourment, parce que mon père étant complètement fou de cet aliment, une tablette avait chez nous une espérance de vie très courte et il ne m’en restait jamais miette. Alors pour moi, l’amande, sa douceur, sa jolie forme élancée, est la plus belle consolation à mes frustrations cacaotées.

NB : en fait j’avais un troisième aliment fétiche dans mon enfance, que je n’ai pas cité pour préserver le côté binaire du texte. Mais maintenant je peux vous le dire : c’était les fèves (que j’adore toujours aujourd’hui).



Consigne : improvisation à partir d’images (et cette fois je les ai photographiées vite fait pour pouvoir vous les montrer !).





Qu’il est beau et puissant, le grand tigre blanc ! Qu’il est majestueux et fort, le tigre de métal, le prince des étendues sauvages ! Mais le sait-il seulement ? Oh, sûrement pas. S’il est si formidable, c’est parce qu’on est là, on le voit, on en fait un symbole. Le beau, le terrible, n’existe que dans le regard de celui qui perçoit. Et si le beau existe, on trouve aussi le bizarre, l’indicible, le culturel, le « kawaii » japonais, et tout ce qui se mélange, la globalisation, les frontières mobiles, les traditions qui en teintent d’autres qui à leur tour font maints métissages, et notre petite planète, salade composée, « on la fatigue, la salade, on mélange bien ! » Et voilà ce qui en ressort : l’inconscient collectif se déploie à grande échelle. N’est-ce pas incroyable de réaliser que les références des uns peuvent sortir tout droit de la culture des autres ? Ainsi va de l’enrichissement de toutes les symboliques, et donc aussi de celles de tous les bestiaires. Et l’animal dans tout cela, le vrai, celui qui vit, qui chasse, qui se lave, qui rugit, qui fait des petits… Mais où est-il ?

Il disparaît.



Consigne : Qui suis-je ? (comme une sorte de charade).

Les premiers de la classe, les lèche-bottes, les fayots, m’ont toujours fichtrement énervé. Moi, je suis un cancre, un vrai. Je dirais même que je suis le roi des cancres. Le plus connu, le plus indocile, le plus libertaire, révolté, intenable, de tous les cancres . J’ai été si loin que j’ai été viré de l’école… Et croyez bien que je ne regrette rien. Maintenant j’ai beaucoup mieux que ce que j’ai quitté : ma propre école. Une grande école rien que pour moi et dans laquelle je fais tout ce que je veux, en maître absolu. Autant dire un empire ! Bon, je ne recueille que ceux qui se font recaler de l’école des gentils, mais au moins, chez moi, on est entre canailles, on se comprend, on parle la même langue. Et ici : pas de premier de classe, on a que des mauvais : vous savez, ceux qui se mettent au fond, près du radiateur. D’ailleurs chez moi, il fait chaud… très chaud.



Consigne : improviser à partir de cette phrase :
« Chacun de nous vit avec un ange ».

Eh bien mon ange a fait grève au moment d'écrire ce texte, parce qu'il n'est pas du tout inspiré. Mais je le mets quand-même parce que sinon mon illustration n'aurait pas vraiment de sens. Peut-être que je réédéditerai ce billet un peu plus tard, s'il me vient l'envie de le réécrire.

Quand on est éveillé, il s’accroche au fil qui nous relie par le sommet du crâne à l’invisible. Et quand on dort il vient dans la maison de notre cœur, avec notre enfant intérieur et toute la smala qui l’habite. Ensemble, ils me parlent. Il faut que je m’occupe d’eux avec soin, car ils m’aident beaucoup, de leur côté. La chance, les heureux hasards, mon ange m’y conduit, à condition que je l’écoute. Car ça c’est important : si l’on écoute pas son ange, il se sent seul et dépérit. Mais si de temps en temps on lui lance un regard ou un sourire, il nous le rend bien car tel l’aigle à l’œil de lynx, il vole haut et il voit loin.





2 commentaires:

Mademoizelle Margaut a dit…

Superbe retour à l'écriture :-)

Gary MAEL a dit…

Merci Mlle M !